Mission Nogal et rôle disciplinaire – Jean-Marc Torrollion nous livre son analyse

jean-marc torrollion la boite immoLe Président de la FNAIM revient sur ces éléments et leurs impacts à travers cette nouvelle interview. 

Fiona : Bonjour Jean-Marc Torrollion, concrètement, comment la mission Nogal pourrait professionnaliser l’offre locative et l’investissement ?

Jean-Marc Torrollion :

Elle va permettre aux administrateurs de biens d’augmenter leurs parts de marché sur le secteur locatif privé qui sont actuellement de 34% sur la gestion locative et de 40% en relocation. Cela en se positionnant comme tiers de confiance au niveau de l’intermédiation des relations propriétaire – locataire, en sécurisant les échanges et les transactions, mais aussi en luttant contre les dérives potentielles de discrimination, baux , politiques tarifaires… La professionnalisation du secteur locatif étant un véritable facteur de confiance.

Il n’existe aujourd’hui pas d’obligation d’intermédiation dans le secteur privé locatif, les avantages de passer par un professionnel à travers l’intermédiation doivent donc être mis en avant par les administrateurs de biens.

La FNAIM est en ce sens un interlocuteur privilégié puisqu’elle gère 1 200 000 lots. Notre rôle de Fédération est d’imaginer et de proposer des dispositifs entre propriétaire et locataire exclusifs aux administrateurs de biens dans les semaines à venir.

La mission Nogal n’en reste pas moins la première mission qui s’intéresse de manière ouverte et favorable à l’intermédiation avec un professionnel de l’immobilier, il est donc important de le souligner !


Fiona :
Pensez-vous que le rôle du CNTGI doit évoluer ?

Jean-Marc Torrollion :

Oui et il va évoluer vers un tout nouveau CNTGI suite à la loi ELAN, en développant des compétences concernant la copropriété afin de pouvoir faire part de ses préconisations concernant le droit de la copropriété. Le CNGTI devra muer pour devenir une commission de contrôle afin d’encadrer la déontologie de la profession, définir de nouvelles formations obligatoires, défendre et promouvoir le titre d’agent immobilier. Cette commission devra être composée de professionnels du secteur mais aussi d’associations de consommateurs pour créer un véritable consensus autour de différentes réflexions. Cela notamment pour définir une politique de contractualisation, des accords de modération, et des objectifs tarifaires plutôt qu’un plafonnement. Le CNGTI aura aussi un rôle important concernant la formation, cela au niveau de la formation initiale mais aussi du registre des formations.


Fiona :
Que va changer la reconnaissance du titre dans le quotidien des agents immobiliers ?

Jean-Marc Torrollion :

Beaucoup de choses ! Et nous le voyons déjà sur le terrain. Les mandataires ont déjà adapté leur façon de communiquer en connaissance de la reconnaissance du titre d’agent immobilier, notamment au niveau de leurs panneaux pour être en conformité.

Un caducée est en cours de création pour rendre visible et reconnaissable cette protection du titre d’agent immobilier. Ce symbole fort concerne tous les professionnels du secteur indépendamment de leurs réseaux immobiliers et de leurs syndicats.

Une nouvelle sémantique est aussi à adopter pour tous les professionnels de l’immobiliers mais aussi les portails immobiliers et syndicats. Si l’on veut que le droit soit appliqué, c’est à nous d’utiliser désormais les bons mots et les bons termes. Par exemple, un agent commercial n’est pas un agent immobilier. La DGCCRF doit aussi faire des retours en ce sens.

Ce titre est à la fois une reconnaissance mais aussi un challenge de professionnalisation et de mise à niveau du service client proposé par les agents immobiliers.


Fiona : 
Quels sont selon vous les compétences clés que la loi Alur doit mettre en avant à travers l’obligation de formation ?

Jean-Marc Torrollion :

Il y a trois grands thèmes à couvrir. Le premier au niveau juridique et technique, le second pour la déontologie et les règles du métier, le troisième pour les relations humaines afin de savoir réagir avec son temps, ajouter une dimension de production de service et comportementale de connaissance client.

Au bout du compte, la différence se fera toujours au niveau de l’entrepreneur et de son implication dans ses missions.

Plus que jamais, les professionnels de l’immobilier doivent se regrouper derrière un syndicat afin de porter tous ces sujets d’avenir.